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Liberté pour les Juifs d'Iran

Retrouvez ici les dernieres nouvelles transmises pas les agences de presse. Mise à jour 21 février 2003

Depuis le mois de janvier 1999, 13 Juifs ont été arrêtés et retenus en otage en Iran sous prétexte d'espionnage pour Israël et les USA. Parmi eux : un adolescent de 16 ans, plusieurs responsables religieux, un rabbin... Ils risquaient d'être pendus à l'issu d'une parodie de procès à huis-clos à Shiraz - sud de l'Iran - et ayant débuté le 1er mai 2000, simplement parce qu'ils sont JUIFS, membre d'une communauté très minoritaire de 25000 âmes dans la République Islamique et jouets d'une probable lutte d'influence des conservateurs religieux noyautant le pouvoir judiciaire hostiles au régime en place du président Khatamy et à sa politique d'ouverture récente.
Le verdict a été rendu le 1er juillet 2000, condamnant 10 des 13 accusés à des peines de prison de 4 à 13 ans. Les peines ont été réduites le 21 septembre 2000. Le nouvel appel a été rejeté le 7 février 2001.
Enfin, ce 20 février 2003, l'Iran confirme la LIBERATION de tous ces détenus Juifs.
Les détails :
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Les chancelleries de plusieurs démocraties occidentales avaient commencé à réagir en s'élevant officiellement contre cette affaire inique : la France, l'Allemagne et les Etats-Unis notamment, rejoignant l'analyse d'Israël, ont publiquement pris position en appelant à la libération de ces otages.

EVOLUTION : DEPECHES DE PRESSE RECENTES

L'Iran libère les treize détenus juifs (Aroutz 7 - Israel)

JERUSALEM, 20 février 2003 -- Les autorités iraniennes ont libéré, ces dernières semaines, treize Juifs qui avaient été condamnés à de lourdes peines de prison pour "espionnage au profit d'Israël". Ce n'est que mercredi cependant que de hauts responsables politiques israéliens ont été informés de ces nouvelles mesures en faveur des détenus juifs.
Cette nouvelle initiative prise par les dirigeants iraniens est certainement liée à la crise irakienne. Ces derniers redouteraient en effet les retombées de la politique des Etats-Unis dans la région du Golfe persique après leur intervention militaire en Irak.
Au départ, seuls huit des treize prisonniers avaient été autorisés à regagner leur domicile pour un congé prolongé mais par la suite, les cinq autres ont également été libérés il y a quelques jours. Les autorités iraniennes leur ont alors indiqué qu'ils ne devaient plus retourner en prison.
En Israël, cette nouvelle a été accueillie avec satisfaction et des hommes politiques ont qualifié ce revirement de "très intéressant".

Rejet de l'appel interjeté dans le procès des dix juifs iraniens (AP)

TEHERAN (Iran), 7 février 2001 -- L'appel interjeté par les avocats des dix juifs iraniens condamnés pour espionnage avec Israël a été rejeté, a annoncé mercredi la radio d'Etat Iranienne.

La radio a précisé que les services du procureur général de Téhéran avait annoncé que les trois juges de la cour d'appel saisie s'étaient prononcés contre cet appel. Aucun autre détail n'a été donné. Cette décision éteint toute autre possibilité de recours pour les juifs iraniens qui avaient été condamnés l'an dernier à Shiraz (sud).

Sur les 13 prévenus originels, qui ont toujours clamé leur innocence, trois ont été acquittés et dix avaient été condamnés dans un premier temps en juillet dernier à des peines oscillant entre quatre et treize ans de prison. Mais lors de l'examen d'un premier appel, la justice avait décidé en septembre de réduire les peines entre deux et neuf ans de prison.

Juifs iraniens: les condamnations réduites en appel (AFP)

CHIRAZ (Iran), 21 septembre 2000 - La cour d'appel de Chiraz (sud) a réduit jeudi les condamnations de chacun des dix juifs iraniens condamnés en juillet pour "espionnage" au profit d'Israël, mais la défense est néanmoins mécontente de la décision.

Les trois juges, contrairement aux espérances des avocats, ont maintenu l'accusation de "collaboration" avec Israël, et les condamnations, les plus lourdes, qu'elle a entrainées. Ils ont en revanche atténué systématiquement et sensiblement les condamnations pour "participation" à un réseau d'espionnage, ou "création" d'un tel réseau. Cela revient paradoxalement, a insisté le porte-parole de la défense, Me Ismaïl Nasseri, à une forme de reconnaissance implicite d'Israël, à laquelle l'Iran est politiquement très hostile, car l'article 508 du code civil traite de la collaboration avec les "Etats". "Israël est le seul gagnant", a-t-il dit à l'AFP.

Selon la décision annoncée en début d'après-midi par le chef et porte-parole de la Justice de Chiraz, Hossein-Ali Amiri, le meneur du "réseau", Hamid Tefelin, 29 ans, vendeur de chaussures, se retrouve seul désormais le plus lourdement condamné, avec neuf ans de prison au lieu de treize. Il avait, lors du procès, en mai et juin, passé des "aveux", non corroborés selon la défense, selon lesquels il aurait suivi une formation auprès du Mossad israélien.

Lui aussi condamné en juillet à treize ans, Asher Zadmehr, 54 ans, rabbin et professeur de langues, l'"inspirateur" du réseau, voit sa peine réduite à sept ans, tandis qu'une autre personne lourdement condamnée par le Tribunal révolutionnaire, Ramin Farzam, 26 ans, parfumeur à Téhéran, écope, lui, de huit ans, au lieu de dix.

Les autres condamnés sont Nasser Levi-Haïm, 30 ans, employé au service d'électricité de Chiraz (sept ans de prison au lieu de onze), Chahrokh Paknahad, 39 ans, rabbin à Ispahan (cinq au lieu de huit), Farhad Saleh, 40 ans, enseignant en théologie (six au lieu de huit).

Les deux accusés qui avaient refusé de se livrer aux "aveux", Farzad Kachi, 33 ans, enseignant à Chiraz, et Djavid Bentyaghoub, 30 ans, marchand de chaussures, voient leurs peines passer de huit à six ans.

Faramarz Kachi, 39 ans, enseignant et frère aîné de Farzad, a reçu trois ans au lieu de cinq et Ramin Néemantizadeh, 28 ans, commerçant, deux ans au lieu de quatre.

Il s'agit, a précisé M. Amiri, de "peines fermes et définitives", mais "les mois de prison préventive (18 à 19 mois) seront décomptés". M. Nasseri a affirmé, lui, que la défense disposait d'un mois pour contester la décision auprès du procureur général de la République islamique. M. Amiri a ajouté que les décisions en appel concernant les deux musulmans, Ali Akbar Safaï et Mehrab Youssofi, condamnés à deux ans de prison pour leur rôle "auxiliaire" dans cette affaire, n'avaient pas encore été prises.

Le porte-parole de la défense a confirmé à l'AFP que des "menaces" avaient été proférées, la contraignant à considérer les accusés comme des "espions", ce que les quatre avocats ont toujours refusé. Des "pressions" ont également été exercées auprès des familles pour qu'elles changent d'avocats, selon M. Nasseri. Mercredi, M. Amiri avait exhorté les avocats à révéler "qui" les menaçait. "Je crois que certains accusés ne souhaitent pas continuer à travailler avec les avocats", a affirmé jeudi à l'AFP M. Amiri.

Cette affaire, la première de cette ampleur touchant la communauté juive depuis la création de la république islamique, en 1979, a suscité une très vive émotion dans la minorité juive d'Iran -30 à 35.000 personnes- et a mobilisé l'opinion internationale, notamment dans les pays occidentaux.

Procès des juifs iraniens: nouveau report du jugement en appel (Associated Press)

TEHERAN, Iran 3 septembre 2000 - Les trois juges de la cour d'appel iranienne chargée d'étudier le dossier des dix juifs iraniens condamnés pour espionnage au profit d'Israël ont reporté leur décision dimanche pour la deuxième fois, selon un haut responsable de la justice cité par la radio officielle. Les magistrats ne parviennent toujours pas à s'entendre sur la qualification ou non de crime pour toutes les charges retenues contre les prisonniers, condamnés le 1er juillet à des peines allant de quatre à 13 ans de prison.

Trois accusés ont été acquittés. Hossein Ali Amiri, responsable de la justice dans la province de Fars, où s'est déroulé le procès, a déclaré que la décision ne serait finalement pas connue d'ici mardi, comme c'était prévu, mais il n'a pas fixé d'autre date.

 

Choc et inquiétude après le verdict contre des juifs iraniens (AFP)

NICOSIE, 1er juillet 2000 - Le verdict samedi du tribunal révolutionnaire de Chiraz contre 13 juifs iraniens a été accueilli avec réserve et inquiétude par la communauté internationale tandis qu'Israël se déclarait être "en état de choc".

Le président américain Bill Clinton s'est déclaré "profondément troublé" par le verdict prononcé à l'encontre de dix juifs iraniens accusés d'espionnage au profit d'Israël et condamnés à des peines allant de quatre à treize ans de prison tandis que deux Iraniens musulmans ont écopé de deux ans. Faisant part de sa "déception" du gouvernement iranien qui a "une fois de plus échoué à agir comme dans une société basée sur l'Etat de droit", Bill Clinton a appelé le gouvernement iranien "à remédier à ces échecs immédiatement en annulant ces sentences injustes". Le président américain a ajouté que les Etats-Unis allaient continuer la mobilisation "avec d'autres gouvernements et organisations (...) concernant le traitement des groupes minoritaires et (le respect) des droits de l'Homme en Iran".

Le Foreign Office a fait part de sa "préoccupation" et affirmé que Londres, prenant note que les avocats des condamnés ont fait appel des sentences "continuera à suivre de près la procédure". Le Foreign Office a chargé son ambassadeur à Téhéran de relayer sa préoccupation auprès des autorités iraniennes.

Le chef du gouvernement français Lionel Jospin a pour sa part affirmé que la France "ne pouvait pas accepter la nature du verdict" et souhaité que les autorités iraniennes profitent de l'appel pour "changer les décisions qui ont été prises". "Nous ne pouvons pas accepter la nature de ce verdict", a déclaré le Premier ministre, "il reste des procédures d'appel et je souhaite que ces procédures permettent aux autorités iraniennes, notamment à celles qui veulent faire évoluer l'image de ce pays, de changer les décisions qui ont été prises".

Dès l'annonce du verdict le ministère israélien des Affaires étrangères a rompu, pour l'une des rares fois, avec le respect du shabbat pour exprimer l'état de "choc et la profonde inquiétude du gouvernement israélien. Le Premier ministre Ehud Barak a quant à lui condamné "les sévères sentences" contre des personnes qu'il a qualifié "d'innocentes".

Les Pays-Bas ont appelé à une réaction commune de l'Union européenne (UE) contre Téhéran, dénonçant violemment les condamnations. Le chef de la diplomatie de La Haye Jozias van Aartsen a convoqué l'ambassadeur de Téhéran aux Pays-Bas et lui a signifié que "l'UE considère l'issue de ce procès comme un test décisif pour ses relations avec l'Iran". Il a plaidé pour "une réaction commune rapide" des Quinze, a précisé à l'AFP le porte-parole du ministre, Pim Waldeck.

Dans un communiqué de sa présidence, l'Union européenne (UE) s'est déclarée déçue et préoccupée par le verdict, tout en relevant qu'il existe une possibilité d'appel du jugement. "Compte tenu de l'importance qu'elle attache à cette affaire, l'UE espère vivement que la Cour d'Appel reviendra sur les condamnations prononcées" a affirmé le communiqué, ajoutant que l'UE "continuera à faire connaître ses préoccupations aux autorités iraniennes".

La communauté juive iranienne, en état de choc, a jugé le verdict "particulièrement lourd et inattendu".

L'absence de peine de mort dans ce procès, tant redoutée, a été accueillie avec "soulagement" par le président du consistoire central israélite de France, Jean Kahn, et par le grand rabbin de France Joseph Sitruk.
Le même sentiment "de soulagement", quoique mêlé "d'injustice", a été exprimé par le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) et du Congrès juif européen (CJE), Me Henri Hajdenberg.
Patrick Gaubert, président de la LICRA, a en revanche protesté contre ce verdict, "une sentence inacceptable", a-t-il déclaré à l'AFP.

Le Tribunal révolutionnaire de Chiraz a acquitté trois autres juifs iraniens et deux musulmans, accusés dans le cadre de la même affaire.

 

La condamnation de 10 juifs iraniens vivement critiquée (Reuters)

CHIRAZ, Iran 1er juillet 2000 - La condamnation pour espionnage samedi de 10 juifs iraniens à des peines allant de quatre à treize ans de prison par le tribunal révolutionnaire de la ville de Chiraz a été vivement critiquée en Israël et dans les pays occidentaux.

Deux musulmans ont également été déclarés coupables, selon un responsable des autorités judiciaires de cette ville du sud de l'Iran. Trois juifs et deux musulmans ont été acquittés et aucune condamnation à mort n'a été prononcée.

La défense dispose de 20 jours pour faire appel de ce verdict. Les avocats de la défense et les autorités judiciaires locales ont indiqué à l'issue de cette séance, qui s'est déroulée à huis- clos, que Hamid "Danny" Tefileen et Acher Zadmehr avaient été condamnés à 13 ans de prison.

Selon l'accusation, Tefileen attirait les informateurs musulmans en organisant des fêtes, alors que Zadmehr était l'un des "cerveaux" chargés de la coordination du réseau.

L'avocat Esmail Nessari a déclaré que la défense était satisfaite qu'aucune condamnation à mort n'ait été prononcée. En l'absence de preuves que les documents fournis à l'Etat hébreu étaient secrets, il s'est également déclaré confiant dans les chances d'obtenir des réductions de peine en appel.

"Nous sommes heureux des événements d'aujourd'hui, car nos clients et leurs familles sont au moins sûrs qu'il n'y aura pas de condamnation à mort. Ce fut une petite victoire pour nous de franchir cet obstacle encombrant", a affirmé Nasseri.

Au début du procès, des conservateurs iraniens avaient appelé à l'exécution de ces juifs, suscitant l'inquiétude des capitales occidentales et d'Israël.

A Jérusalem, le verdict a été vivement critiqué. "Le gouvernement israélien tient à faire part de sa surprise et de sa préoccupation après la proclamation du verdict sévère condamnant des prisonniers juifs n'ayant rien à se reprocher", indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères israélien, qui appelle la communauté internationale à se joindre à lui pour obtenir la libération des condamnés. "L'Iran ne peut pas être considéré comme un membre de la communauté internationale tant que des juifs continuent de moisir en prison alors qu'ils n'ont rien fait de mal. Israël ne cessera pas son action tant qu'ils ne seront pas libérés", ajoute le texte.

Un représentant du Congrès juif mondial, le député britannique travailliste Lord Janner, a également réagi à ce verdict, condamnant "la persécution continuelle" dont fait l'objet la communauté juive iranienne."

Le Foreign office attendait pour sa part l'annonce du verdict avant d'exprimer une réaction officielle. "Pour l'instant, on peut considérer comme un signe d'espoir qu'il n'y ait pas eu de condamnations à mort", a déclaré à Reuters un porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères.

L'ambassadeur des Etats-Unis aux Nations Unies, Richard Holbrooke, a qualifié ce procès d'"illégal", et a regretté qu'aucun observateur international n'ait été autorisé à y assister. "Je pense que c'est un verdict ridicule. Ces personnes sont innocentes et elles devraient être libérées immédiatement. Ce ne sont pas des espions", a affirmé Holbrooke à Reuters depuis Crans-Montana, dans les Alpes suisses, où il participait à un congrès d'affaires.

A Paris, le Conseil représentatif des institutions juives (CRIF) a indiqué dans un communiqué avoir éprouvé un "sentiment de soulagement et d'injustice". Forte de 30.000 membres, la communauté juive d'Iran est la plus importante dans un pays musulman du Proche-orient.

Verdict samedi pour les juifs et musulmans iraniens accusés d'espionnage (AFP)

TEHERAN, 30 juin 2000 - Le verdict concernant 13 juifs et quatre musulmans accusés d'espionnage au profit d'Israël doit être prononcé samedi à Chiraz (sud) au terme de deux mois de procès sur fond de vive controverse. La peine de mort à l'encontre des accusés, qui avait suscité l'inquiétude de la communauté internationale et celle de la communauté juive iranienne (35. 000 personnes), semble exclue même si le doute n'a pas complètement été levé.

"Les prévenus sont accusés seulement d'actions contre la sécurité nationale", et l'accusation d'être "Mohareb", (c'est-à-dire de faire "la guerre à Dieu et à la nation") passible de mort en Iran, a été "levée" depuis le début du procès, avait indiqué lundi le chef et porte-parole de la justice à Chiraz, M. Hossein-Ali Amiri. Selon l'article 508 du "code des sanctions islamiques", en vigueur depuis 1996, toute personne ou groupe, qui ne serait pas reconnu comme "Mohareb", est passible de un à dix ans de prison pour "collaboration avec un Etat étranger".

Pourtant, cette assurance contredisait une déclaration ambiguë dimanche du Procureur général de la République islamique, l'ayatollah Morteza Moghtadaï, qui avait laissé entendre que la peine de mort à l'encontre des accusés n'était pas exclue. "Ils ont été reconnus coupables d'espionnage au profit d'Israël et, conformément à la loi, ils peuvent être condamnés à mort ou à des peines de prison", avait déclaré lundi l'ayatollah Moghtadaï, cité par l'agence IRNA.

Ouvert le 13 avril, le procès a donné lieu à dix audiences, toutes à huis clos, devant le Tribunal révolutionnaire de Chiraz.
Ce procès, le premier du genre a être organisé en Iran, avait suscité une vive controverse lorsque huit des treize accusés de confession juive s'étaient livrés à des "aveux" spectaculaires devant des caméras de la télévision iranienne, alors même que la défense venait à peine de prendre connaissance du dossier de ses clients.
Les avocats de la défense ont plaidé l'aquittement axant leur défense sur le fait que l'aveu n'était pas corroboré par des preuves matérielles, enjoignant dès le début de procès le Tribunal à apporter les preuves des accusations portées. Le porte-parole de la défense, Me Ismaïl Nasseri a aussi contesté la manière dont le verdict devait être rendu, lors d'une conférence de presse.
"Nous ne sommes pas d'accord que le verdict soit annoncé devant la presse car peut-être que les prévenus veulent protester et faire appel", a indiqué Me Nasseri dans une déclaration à l'AFP.

Les pays européens ont marqué l'importance qu'ils attachaient à un procès "équitable", et au verdict dans leurs relations avec Téhéran.
L'Iran a donné à plusieurs reprises des garanties, mais a rejeté les "ingérences" dans le fonctionnement de sa justice, contrôlée par le courant conservateur.
La justice reste saisie du dossier de quatre autres Iraniens musulmans qui font l'objet de la même accusation d'espionnage au profit d'Israël, avait indiqué M. Amiri, qui a été tout au long du procès porte-parole de la justice mais aussi représentant du ministère public.

Procès de Chiraz: nouveaux "aveux" mais pas de preuves, selon la défense (AFP)

CHIRAZ (Iran), 15 mai - Les deux prévenus ayant comparu lundi dans le cadre du procès des 13 juifs iraniens à Chiraz (sud) accusés d'espionnage au profit d'Israël ont reconnu les faits mais aucune "preuve" ne les corrobore, selon la défense.

Lors de la sixième audience devant le tribunal révolutionnaire, Asher Zadmehr, 54 ans, professeur de langues, et Farhad Seleh, 40 ans, ont "avoué" avoir participé à un réseau, portant à huit --sur les neuf accusés ayant déjà comparu depuis l'ouverture du procès le 13 avril-- le nombre des prévenus ayant admis les accusations d'espionnage. M. Zadmehr "admet avoir participé à un réseau, avoir collecté des renseignements, et collaboré avec un Etat étranger, en l'occurence Israël", a déclaré aux journalistes Me Ismaïl Nasseri, porte-parole de la défense. "Il a nié toutes les accusations de possession d'armes", selon son avocat.

Lors de l'audience à huis clos Farhad Seleh, enseignant de théologie, a également "avoué", selon un responsable de l'autorité judiciaire à Chiraz Hossein-Ali Amiri. Il a aussi affirmé que les deux accusés ont "pris des photos et recueilli des informations de centres militaires électroniques et médicaux iraniens", qu'ils communiquaient à "des responsables du réseau d'espionnage". "C'est alors que les photos et les informations étaient envoyés au Mossad israélien", a poursuivi M. Amiri. Il a également affirmé que "le personnage clé" de ce réseau d'espionnage vivait à l'étranger, sans autres précisions alors qu'un des prévenus, Hamid Tefilin, avait été présenté par la justice iranienne comme "le principal accusé" et "cerveau" du groupe.

Deux avocats français, mandatés par l'Associations Avocats sans frontières-France, Me Pierre Dunac et Stéphane Zerbib, étaient présents au Tribunal révolutionnaire de Chiraz, mais n'ont pu assister à l'audience. Ils ont demandé, comme l'a fait la défense, que les huit musulmans iraniens accusés dans le cadre de la même d'affaire comparaissent. Le juge y est "favorable" selon l'un des avocats, Me Karim Sadeghi tandis que selon M. Amiri le dossier des huit musulmans n'est "pas encore complet".
"Si le juge l'estime nécessaire ces accusés seront appelés à se présenter devant le Tribunal", a ajouté le responsable judiciaire. Il a en outre ajouté que "si le verdict de la Cour était contesté par les accusés, ces derniers pourraient faire appel", expliquant que "quiconque est reconnu coupable d'espionnage n'est pas forcément condamné à mort".

La peine capitale est la peine maximum encourue pour toute personne reconnue coupable d'espionnage au profit d'Israël ou des Etats-Unis, selon la loi iranienne en vigueur.

Tandis que Me Nasseri s'emploie surtout à dénoncer le caractère "illégal des aveux télévisés" auxquels se sont livrés plusieurs accusés M. Sadeghi insiste pour que la Cour "prouve les accusations", aucun aveu ne pouvant selon lui être retenu comme preuve.

A l'issue de l'audience, les deux accusés ont été autorisés à rencontrer leur épouse et leurs enfants dans une pièce du Tribunal. La scène était particulièrement poignante, les enfants, garçons et filles, se jetant, en pleurs, aux genoux de leurs pères qu'ils n'avaient pas vu durant leur emprisonnement, il y a quinze mois.

Le procès doit reprendre mercredi avec la comparution de quatre accusés dont les trois qui sont en liberté provisoire. Parmi eux figure Omid Tefelin, le frère du principal accusé, Hamid Tefelin. "Le procès s'achèvera bientôt pour ceux qui ont été arrêtés. Mais les autres seront ultérieurement convoqués au tribunal", a ajouté M. Amiri, sans autres précisions.

Procès des 13 juifs iraniens : un sixième accusé plaide coupable (Associated Press)

SHIRAZ, Iran 10 mai 2000 - Un professeur de théologie a été mercredi le premier des 13 juifs iraniens jugés devant un tribunal de Shiraz pour intelligence avec Israël à rejeter les accusations portées contre lui, tandis que son frère aîné a reconnu avoir espionné au profit de l'Etat hébreu, selon un avocat de la défense. C'est le sixième accusé qui plaide coupable dans ce procès dont l'équité a été sérieusement mise en doute.

Nasser Levihaim, qui avait déjà reconnu les charges retenues contre lui lors d'une précédente audience, et les professeurs de théologie Faramarz et Farhad Kashi étaient les seuls à comparaître mercredi. ''Faramarz Kashi a accepté toutes les charges d'intelligence avec Israël, a déclaré à la presse l'avocat Esmail Naseri, porte-parole de la défense. ''Mais son frère cadet, Farzad, a démenti tous les chefs d'inculpation et son avocat a demandé sa libération.

Depuis le début du procès il y a un mois, la télévision iranienne a diffusé les aveux de deux accusés, ceux de Dani Tefilin, un vendeur de chaussures, puis de Shahrokh Paknahad, un professeur de théologie. Tous deux ont dit avoir été entraînés et payés par Israël pour récolter des informations confidentielles en Iran.

A l'issue de l'audience de mercredi, le juge a ajourné à lundi le procès, qui se tient devant un tribunal de Shiraz, à près de 900km de Téhéran. Selon, le responsable provincial de la justice Ali Amiri, interrogé mercredi, la cour ne devrait plus se réunir vraisemblablement que trois autres fois.

 

Un responsable israélien accuse l'Iran d'aveux forcés (Reuters)

JERUSALEM, 2 mai 2000 - Un responsable israélien a accusé l'Iran d'avoir extorqué de faux aveux au principal suspect à l'occasion du procès de treize juifs accusés d'espionnage. Selon les autorités judiciaires iraniennes, le commerçant Hamid "Danny" Tefiline, "suspect numéro un" du procès qui s'est ouvert dans la ville de Chiraz, a reconnu être un agent israélien et avoir agi par appât du gain et amour d'Israël.

"Nous démentons l'accusation (...) Nous savions que s'ils poursuivaient ce procès ils présenteraient des aveux. Nous ne sommes pas surpris", a dit le responsable, qui a requis l'anonymat. C'est l'antisémitisme iranien qui explique l'arrestation et l'incarcération, l'an dernier, des treize juifs de la province méridionale de Fars accusés d'avoir transmis des informations classifiées au Mossad (services secrets israéliens), a-t-il dit.

"Nous ne sommes pas idiots. Il n'y a pas un gramme de vérité dans tout cela. Il n'y a ni lien avec le Mossad, ni espionnage. Ces personnes ont été emprisonnées simplement parce qu'il s'agit de juifs", a ajouté le responsable israélien.

La télévision iranienne a diffusé une interview enregistrée dans laquelle Tefiline dit avoir été formé en Israël et avoir recueilli des renseignements au profit de l'Etat hébreu.

Le principal avocat de la défense, Esmail Nasseri, a en revanche déclaré à Reuters que les faits reprochés à ses clients ne sauraient être considérés comme des actes d'espionnage aux termes des lois iraniennes, et que les aveux seuls n'étaient pas suffisants pour une condamnation.

 

Ajournement au 1er mai du procès pour espionnage de 13 juifs iraniens (Associated Press)

SHIRAZ, Iran 13 avril 2000 - Le procès à huis-clos de 13 juifs iraniens accusés d'espionnage au profit des Etats-Unis et d'Israël a été ajourné au 1er mai après que les avocats de la défense ont obtenu d'avoir du temps supplémentaire pour préparer leur défense. Le procès s'était ouvert jeudi à Shiraz dans le sud de l'Iran. Le procès a commencé à 9h00 (7h30 GMT) et les accusés sont sortis du tribunal 90 minutes plus tard.

Une conférence a été organisée un peu plus tard dans l'après-midi. Les avocats avaient demandé un report pour avoir plus de temps pour préparer la défense des 13 prévenus.

 

Ouverture jeudi du procès des 13 juifs iranien par Afshin Valinejad (Associated Press)

SHIRAZ, Iran 12 avril 2000 - Les pressions de la communauté internationale et les protestations des associations des droits de l'homme n'y ont rien changé. Le procès des 13 juifs iraniens accusés d'espionnage pour les Etats-Unis et Israël s'ouvrira bien jeudi à Shiraz, à 880km au sud de Téhéran.

Des débats qui se dérouleront à huis clos, pour des raisons de ''sécurité nationale'', a annoncé mercredi le département de la justice de la province de Fars, dont Shiraz est la capitale. ''Etant donné les circonstances spéciales de ce cas, les possibilités d'interférence dans la sécurité nationale et les répercussions que cela pourrait avoir (...), la Cour révolutionnaire islamique a ordonné que la procédure ait lieu à huis clos'', explique le communiqué, cité par Radio Téhéran.
Seuls seront autorisés à assister au procès, outre les 13 prévenus, leurs avocats et ceux qui sont ''légalement impliqués'' dans ce dossier. Une décision qui achève d'inquiéter ceux qui craignent un procès peu équitable, sachant que la Cour révolutionnaire qui jugera les 13 juifs ne comporte pas de jurés et que c'est un juge unique qui mène l'enquête, inculpe et prononce la sentence.

Les prévenus encourent de longues peines de prison, voire la peine de mort. Il y a trois ans, dans une affaire similaire, deux juifs avaient été exécutés dans la prison Evin de Téhéran.
''Je suis sûr qu'ils sont innocents'', a déclaré Rahmat Farzam, dont le fils Ramin, 27 ans, fait partie des 13 juifs qui seront jugés. ''Même s'ils sont reconnus coupables d'un incident mineur, nous demandons et espérons que la République islamique, dans sa générosité, les acquittera''.

Arrêtés voici plus d'un an, les 13 juifs iraniens sont accusés d'espionnage au profit des Etats-Unis et d'Israël, accusations démenties vigoureusement par ces pays. L'Iran, qui fait l'objet depuis d'une forte pression internationale pour qu'il libère les prévenus ou leur garantisse au moins un procès équitable, assure que cette affaire n'a aucun motif religieux. Et, pour faire bonne mesure, souligne que huit musulmans ont aussi été arrêtés dans ce dossier.
Washington a d'ores et déjà prévenu qu'une condamnation pourrait remettre en cause le rapprochement esquissé entre les deux pays depuis 1997. Israël, la France, l'Allemagne, les Nations unies, de nombreuses associations juives et Amnesty International sont également montés au créneau pour réclamer la libération des prévenus ou un procès équitable, ou pour condamner les arrestations.

Le procès s'ouvre en outre en plein bras-de-fer entre les ''durs'' islamistes, qui contrôlent la justice, et les réformateurs du président Mohammad Khatami, qui ont remporté les dernières élections législatives.
Signe de l'ambiance qui règne en Iran autour de ce procès, le quotidien ''Tehran Times'', qui soutient les islamistes, a rendu hommage dans son édition de mercredi à l'historien britannique David Irving, condamné la veille en Grande-Bretagne pour révisionnisme. ''Une des plus grandes escroqueries du siècle passé (...) a été cette histoire d'Holocauste, bâtie de toute pièce par les Sionistes pour faire chanter l'Occident'', affirme ainsi le journal anglophone. L'Iran comptait une petite communauté juive forte de 80.000 membres avant la Révolution islamique de 1979, mais celle-ci ne compte plus aujourd'hui que 25.000 personnes.


Procès des 13 Juifs d'Iran: Henri Hajdenberg (Président du CRIF) fait part de la ''préoccupation'' de Jacques Chirac
(Associated Press)

PARIS 12 avril 2000 - Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) Henri Hajdenberg a fait part mercredi de la ''préoccupation'' de Jacques Chirac à la veille de l'ouverture, à Shiraz, du procès des 13 Juifs iraniens accusés d'espionnage.

Selon le président du CRIF, qui a été reçu par le chef de l'Etat avec des membres du Congrès juif européen, M. Chirac ''ne comprendrait pas que l'Iran d'aujourd'hui prenne des risques en condamnant à mort'' ces hommes accusés d'espionnage au profit d'Israël et des Etats-Unis. Le président, a-t-il dit, estime qu'une telle condamnation ''risquerait d'entraîner des relations très difficiles de l'Iran non seulement avec la France mais avec l'Europe''.

Rappelant que le chef de l'Etat avait reçu à l'automne Mohammad Khatami, le président du CRIF a rapporté que Jacques Chirac ''croyait'' que son homologue iranien aurait ''une attitude différente'' par rapport à ce procès et que les poursuites seraient abandonnées. M. Chirac ''constate qu'il doit y avoir procès. Il souhaite qu'il n'ait pas lieu et, s'il a lieu, qu'il ait lieu dans les meilleures conditions et que les droits de l'Homme et de la défense soient respectés'', a ajouté M. Hajdenberg.

 

Le Congrès juif européen fait campagne pour sauver les 13 juifs emprisonnés en Iran (Associated Press)

PARIS, 5 avril 2000 - Le Congrès juif européen (CJE), qui réunit des fédérations de 38 pays d'Europe, a lancé mercredi une campagne de mobilisation à l'échelle du continent pour ''tenter de sauver'' 13 juifs et huit musulmans iraniens, dont le procès doit s'ouvrir à Chiraz, dans le sud de l'Iran, le 13 avril prochain. Accusés d'espionnage au profit d'Israël et des Etats-Unis, ces 21 Iraniens encourent une condamnation à mort et la pendaison.

Dans un communiqué, le CJE annonce que, ''fait exceptionnel'', la communauté juive de Russie a appelé à une manifestation jeudi devant l'ambassade d'Iran à Moscou. Le président de cette communauté, Vladimir Goussinski, devait auparavant rencontrer mercredi l'ambassadeur d'Iran dans la capitale russe.

Des manifestations sont prévues dans plusieurs autres capitales européennes, notamment à Paris, où deux rassemblements sont prévus, l'un jeudi, l'autre le 13 avril, à l'appel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), avec le soutien de la Ligue internationale des droits de l'Homme (FIDH) et de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA).

Le 13 avril, jour de l'ouverture du procès, des manifestations seront également organisées à Vienne et à La Haye, le rassemblement dans cette ville ayant symboliquement lieu devant la Cour internationale de justice.

Le CEJ ajoute que ''tous les dirigeants des communautés juives ont demandé aux représentants de leur Etat d'intervenir auprès du président Khatami pour obtenir la libération des 13 juifs et huit musulmans abritrairement arrêtés ou, à défaut, l'assurance d'un procès transparent, équitable, respectueux des droits de la défense et ouvert à des observateurs internationaux.''

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