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Belle France, tes valeurs foutent le camp !

Le témoignage d'Isabelle Petit, française, non juive, qui vit en Israel depuis 4 ans
dans le cadre de son activité de chercheuse à l'Institut Weizman

Résidant en Israël depuis 4 ans, j'observe attentivement le traitement de la situation au Proche-Orient des 2 côtés de la Méditerranée et plus important, je la VIS au quotidien. Alors qui de mieux placé que moi, arrivée ici par hasard, élevée bien loin de ces 2 peuples, de leurs Histoires et de leurs souffrances, et nourrie, comme vous, par notre indicible parti pris politico-médiatique pro-palestinien, pour vous apporter un regard un peu plus objectif?
       De l'étonnement et la surprise au début, devant le traitement très inégal de l'information et les partis-pris délibérés et constants en faveur de la cause palestinienne à l'effarement et la colère ces derniers mois devant l'acharnement médiatique contre Israël, mon sentiment dominant aujourd'hui est l'indignation. Les montages d'images soigneusement choisies, les reportages toujours à sens unique, les commentaires aux phrases imperceptiblement subjectives, les faits déformés, non vérifiés, voire même délibérément non rapportés, ou encore non démentis, l'absence totale de débat, de rappel des faits historiques, la liste est longue et terrifiante. Soucieuse d'objectivité, je compare les différents médias de différents pays, les traitements des même faits, les commentaires journalistiques et les recoupe. Ma conclusion est consternante. Même si la défense systématique et aveugle de la cause palestinienne est une tendance de la plupart des médias étrangers, la France est bien à part dans son traitement de l'information, ce qui colle d'ailleurs étonnamment bien à sa ligne politique légendaire, ouvertement pro-palestinienne. Alors, les médias à la botte de la politique et des intérêts économiques? Douteuse au début, je m'interroge bien aujourd'hui. Quand on sait que les journalistes tiennent leurs données principalement de l'AFP, 3ème agence au monde, 1ère agence "arabophone" comme elle le revendique, qui fournit tous les médias et gouvernements arabes, ainsi que le gouvernement français, agence toute puissante qui fait et manipule l'info à volonté, on peut en effet s'interroger.  Leurs dépêches sont édifiantes et choquantes de partialité. Quand on sait que les correspondants permanents locaux de l'AFP et des journaux/TV français sont des palestiniens, alors comment espérer un rapport objectif des faits?
      Celle-ci "Aujourd'hui, je prends ma plume, révoltée autant par ce lynchage médiatique qui atteint des sommets en ce moment, que par ses conséquences directes et désastreuses sur les opinions publiques et sur nos très chères valeurs républicaines. Ceci n'est pas un plaidoyer pour Israël, dont je sais aussi critiquer les choix, mais un appel en faveur de la vérité et d'une approche objective, intelligente et documentée de ce conflit si mal compris car mal expliqué et mal rapporté.
Comment peut-on s'octroyer le droit de juger, de prendre parti sans une très bonne connaissance des faits historiques, des enjeux, des souffrances et des évènements? Qui ose condamner aveuglément un peuple en n'ayant jamais mis les pieds sur cette terre, si minuscule mais trois fois sainte et en n'ayant jamais discuté avec des israéliens?
Pour recentrer le problème, en ces temps où notre mémoire se rétrécit et se borne a l'information de l'instant très vite remplacée et oubliée, permettez-moi de vous rappeler (ou dévoiler) quelques FAITS, avérés, prouvés et soutenus, pas seulement par Israël mais aussi par des voix plus "objectives", étrangères, chrétiennes, voire même arabes, donc difficilement réfutables. Je ne les développerai pas en détail, ce ne sont que quelques morceaux choisis de vérité, trop ignorés ces derniers temps.
Rappelons:
      Que les palestiniens ont refusé une première fois l'état que l'ONU leur proposa en 1948, une dernière fois en 2000 lorsqu'Arafat a refusé en bloc la proposition en or de Barak (en gros, 95% des territoires +5% de territoires israéliens, la moitié de Jérusalem, les 3/4 de la vielle ville), encore et toujours persuadés de pouvoir un jour éradiquer totalement l'état d'Israël. A court d'arguments, le déclenchement organisé de l'Intifada leur a permis une échappée honorable.
      Que Sharon n'est pas le barbare sanguinaire que l'on veut vous faire croire, rappelons que les évènements, ô combien tragiques, du Liban ne sont pas de sa seule responsabilité (le sale boulot a quand même été accepté et effectué par des chrétiens libanais), que c'est le même Sharon qui a démantelé les colonies israéliennes du Sinaï avant de le rendre à l'Egypte, et que même si ces mains ne sont pas très propres, celles d'Arafat le sont encore moins. Avez-vous la mémoire courte? Arafat a quand même été un des plus grands terroristes des années 70 et il n'a, à mes yeux, pas grand chose à envier à Ben laden. Rajoutons que pendant des années, et jusqu'à très récemment, il n'avait pas le support des pays arabes et fut banni de plusieurs d'entre eux, Syrie en tête.

Que les pays arabes (peuples et dirigeants) n'ont jamais vraiment soutenu la cause palestinienne (aucune aide politique ou humanitaire mais un soutien logistique et financier au terrorisme), leur mépris à l'égard du peuple palestinien pendant 40 ans fut éloquent. Rejetés par certains pays (Syrie, Egypte), intégrés à contre-coeur puis massacrés à l'occasion (Jordanie), parqués et méprisés dans d'autres (Liban), les mieux lotis sont de loin ceux restés en Israël, citoyens d'une vraie démocratie, jouissant de libertés inégalées ailleurs  (déclaration ci-dessous d'Ami Bishara) même celle de jouer la 5ème colonne.
      Qu'une grande majorité (75% aujourd'hui) des israéliens veulent de toutes leurs tripes un état palestinien indépendant et que si pour vous, c'est inconcevable qu'un israélien pacifiste puisse soutenir Sharon, c'est bien la preuve que vous n'avez toujours rien compris à ce conflit.
      Que la Palestine n'a jamais existé dans le passé en tant qu'état indépendant et que les historiens extérieurs s'accordent tous pour réfuter les arguments historiques ou religieux qui prêteraient un droit de propriété supérieur aux arabes qu'aux juifs.
      Que l'Union Europénne et principalement la France, VOTRE argent, finance en fermant les yeux des livres scolaires palestiniens ouvertement antisémites et incitant à la haine, sans parler des sommes détournées au profit de l'autorité palestinienne et du terrorisme.
      Que la voix des pacifistes israéliens se fait clairement entendre en toute liberté, que les analyses et les débats d'idées sont quotidiens contrairement aux pacifistes palestiniens qui se comptent sur les doigts d'une main et qui ont bien trop peur de parler (ce qui ne semble interloquer personne, depuis quand une occupation ramollit-elle le cerveau?).
      Qu'Israël est une vraie démocratie, la seule dans cette région du monde, dont les dirigeants sont élus à tour de rôle (très) régulièrement tandis qu'Arafat fut élu si démocratiquement à vie. Je note qu'il a ainsi l'honneur d'être appelé "président", principalement par la France, (les autres pays lui préfèrent en général le terme plus approprié de "chairman" ou "leader" traduisibles par dirigeant) soit une définition peu républicaine du terme "président", aussi attribué à un autre grand ami de la France, le dirigeant syrien Bassar el Assad. A quand donc le candidat unique et le mandat présidentiel à vie en France?
      Que l'on doit la déclaration "Après l'établissement d'un état palestinien dans la totalité de la Cisjordanie et de Gaza, la lutte contre Israël continuera" à Ami Bishara, député arabe israélien à la Knesset (assemblée israélienne), Haaretz, 22 mai 1998.
      Nous perdrons ou nous gagnerons, mais notre regard restera fixé sur notre but stratégique; à savoir la Palestine du Jourdain à la mer." à Marwan Barghouti, chef du Fatah en Cisjordanie, arrêté cette semaine par Israël, New Yorker, 2 juillet 2001.
      Une dernière "Notre but est d'éliminer l'état d'Israël et d'établir un état qui soit entièrement palestinien" à Yasser Arafat, lors d'une session privée avec des diplomates arabes en Europe, 30 janvier 1996, cité dans le Middle East Digest, 7 mars 1996.

      Mais dans leur malheur, les Palestiniens ont une chance immense, l'il de la caméra, c'est à dire VOTRE oeil. La vie d'un palestinien semble être aujourd'hui la plus cotée au monde. Une vie humaine vaut-elle plus qu'une autre? Tant de milliers d'autres, ni meilleurs ni pires, meurent chaque jour dans des conditions tout aussi inacceptables (je constate qu'aujourd'hui, mourir de faim en Afrique est bien moins considéré que d'aller "se sacrifier" en tuant des enfants à Jérusalem), dans l'indifférence la plus totale, loin des beaux discours et surtout loin des caméras, donc inexistant. Les conditions de "détention" d'Arafat semble être bien plus préoccupantes et choquantes que celles d'Ingrid Betancourt, représentante élue tout aussi légitime et dont le sort importe à bien peu de personnes. Sa vie, bien plus menacée, aurait-elle donc moins de valeur que celle d'Arafat? Personnellement j'en doute. On pleure les conditions de vie soi-disant "inhumaines" des palestiniens qui justifieraient tous les crimes mais savez-vous seulement quelles sont ces conditions? Quelques millions d'êtres humains sur cette planète, d'Asie en Amérique du sud, en passant par l'Afrique troqueraient sans hésitation leur vie de misère avec celle des palestiniens. En vrac, médicaments, opérations lourdes et dons d'organes israéliens, électricité, eau, armes (!) et surtout le droit de venir travailler en Israël sont accordés généreusement (y sont-ils obligés?) par les israéliens à leurs "ennemis". Parfois je me demande à quoi ressemblera cet état palestinien, si indépendant,  lorsqu' Israël, poussé à bout, fermera la porte à clé

      Cette semaine Israël célèbre son indépendance si durement gagnée et défendue, loin de tout triomphalisme, dans le désarroi du présent et l'incertitude de l'avenir, tourmenté par tant d'incompréhension, et en réalisant que son indépendance ne sera définitive et légitimisée aux yeux du monde qu'avec celle des palestiniens.      

Je rêve d'un Sadate ou d'un Hussein palestinien, un homme qui soit digne des aspirations légitimes de son peuple. Le malheur du peuple palestinien vient bien plus d'avoir la malchance d'être dirigé par des individus aux ambitions peu avouables qu'à Israël. Le roi Hussein de Jordanie s'était rendu en Israël et a osé pleurer les 7 petites filles assassinées en 1997 par un palestinien jordanien, geste qui a ému tous les Israéliens, geste qu'ils n'ont jamais espéré d'Arafat, juste une attitude plus loyale et plus digne des espérances de son peuple. Mais Arafat n'est pas de cette trempe, entre rester dans l'Histoire comme un héros, un martyr (réaffirmé haut et fort sur CNN récemment), celui qui n'a pas cédé devant Israël ou bien comme le traître qui s'est vendu, au risque de finir comme Sadate, son choix est déjà fait. En doutez-vous encore?

      Alors que faire? Attendre la prochaine élection palestinienne (?!), continuer à se faire massacrer quotidiennement? Le choix d'Israël est cornélien! En quoi la violence d'Israël pour protéger ses enfants serait-elle plus condamnable? Oui, la violence ne résoudra rien, mais celle des palestiniens n'est-elle pas tout aussi intolérable? Alors pourquoi les pressions et les indignations sont-elles donc constamment à sens-unique? Jamais ne sont évoquées des sanctions contre l'autorité palestinienne qui n'a pourtant montré absolument aucun geste pour contrer le terrorisme, bien au contraire? Pourquoi mettre en doute constamment les preuves avancées par Israël mais croire aveuglément les mensonges palestiniens les plus gros? Pourquoi s'offusquer, de certains agissements de l'armée (une armée reste une armée), ou de quelques "atteintes à la dignité humaine", que je suis la première à condamner si prouvés, alors qu'en face, les palestiniens éventrent à mains nues des israéliens, pendent les leurs accusés de "collaboration" puis traînent fièrement les corps dans les rues accrochés à une voiture, tout cela devant les caméras (si vous n'avez pas vu, c'est grâce aux montages de nos gentils journalistes dont je parlais plus haut) et que les écoles et les ondes martèlent des messages de vengeance en boucle et appellent au meurtre?
      Contrairement aux actions dirigées contre les colons dans les territoires (actions légitimes en soi et reconnues comme telles par la majorité des israéliens) les actions terroristes sur le sol israélien par contre ne servent nullement la cause de l'indépendance palestinienne et étaient largement condamnées à l'étranger au début. En mars, devant leur nombre (j'ai compté de 3 à 6 attentats réussis ou prévenus par jour) et la très efficace propagande palestinienne au plus fort, les dirigeants étrangers ont carrément cessé de les condamner verbalement (le minimum requis) et à ma stupeur, les opinions publiques, toujours menées par les journalistes, ont lentement mais sûrement, glissé vers la légitimisation voire même la condescendance pour des meurtriers d'enfants, leurs trouvant même des circonstances atténuantes. Ils sont dorénavant les premières victimes de leurs actes odieux. Un comble alors qu'ils sont poussés bien moins par des discours d'indépendance inexistants ou des conditions de vie insupportables que par des discours de haine et la promesse d'un paradis et de 70 vierges (un équivalent pour les femmes terroristes est à l'étude), alors, à quand le gamin de 8 ans envoyé se faire exploser et à qui l'on promet un paradis de jouets?!

De plus, je prends note que les Français sont bien les seuls à inclure systématiquement les terroristes dans les décomptes des victimes ah bon, la fusillade de Nanterre a fait 9 morts? La comparaison me paraît loin d'être inappropriée, si cette tuerie vous a un tant soit peu choqué, alors vous savez ce qu'on ressent ici au quotidien.
      Morts au nom d'un bout de terre dont ils n'ont que faire, des femmes enceintes éventrées, des poussettes explosées, des familles entières parties manger une pizza et dont personne n'est revenu, des jeunes de 15 ans partis danser pour oublier leur peur, des touristes au mauvais endroit au mauvais moment, des survivants de la Shoah, rescapés de l'Enfer sur Terre, revenus de 4 guerres israélo-arabes, qui, à 80 ans, rencontrent finalement la mort à un banquet de fête de Pâque, partir travailler le matin en espérant revenir vivant, oui c'est ça, le quotidien en Israël. Près de 500 morts et 4000 blessés en un an et demi, c'est, rappellons-le, 5000 morts et 40000 blessés à l'échelle de la France. Alors comment pensez-vous sincèrement que vous réagiriez si les nationalistes corses s'attaquaient aux supermarchés parisiens,  l'ETA  à de simples écoliers ou encore  l'IRA à des bus sur Oxford street à Londres, aveuglément et si loin de leurs objectifs et si vos proches étaient ainsi sacrifiés? Ne résistent-ils pas à ce qu'ils appellent eux aussi une "occupation"?

La récupération toute récente de la (forcément bonne) cause palestinienne et sa défense, par des individus arabes ou autres, est aussi choquante qu'hypocrite. Ainsi confortés par une lapidation internationale en bonne et due forme d'Israël, certains n'hésitent donc plus impunément à exploiter le filon juteux. Après les tours du WTC, la synagogue de Djerba sans oublier l'épisode hilarant des aventures de José Bové à Ramallah, à quand laTour Eiffel sacrifiée sur l'autel sanguinolent de la Palestine?!
      Mon voisin de pallier est mort la semaine dernière, tombé à Jenine. Un jeune homme israélien ordinaire, pacifiste, parti sans enthousiasme ni conquérisme, défendre la liberté bafouée la plus élémentaire des siens, celle de rester vivant en Israël. Un homme ni meilleur, ni pire, que moi, que vous, que celui qui a tiré en face.Qui a le droit de juger les choix douloureux d'Israël? Ni moi, ni vous, ni personne.
      Mais qui sommes-nous donc pour oser donner ainsi des leçons? Quand notre passé, pas si lointain, est bien peu respectueux de nos valeurs. N'oublions pas si facilement que la France, une des plus grandes puissances colonialistes, a fait des choix et des actes peu avouables, et a fait couler bien plus de sang dans ses nombreuses colonies (je ne rappelle pas les chiffres ici, bien trop terrifiants) qu'Israël n'en ferra sans doute jamais,
      Quand les opérations en Afghanistan se déroulent toujours, bien loin des caméras (normal, tous les journalistes sont ici) mais n'en faisant pas moins de victimes, armées et civiles,
      Quand on s'indigne à corps et à cris de soi-disant massacres (toujours pas prouvés, mais qu'importe, l'impact désastreux dans les esprits est déjà là), alors qu'ailleurs on parle hypocritement de "dommages co-latéraux"?
      Quand nos propres soldats ont assisté sans réagir à de VRAIS massacres (Srebrenica-8000 morts).
Alors, deux poids, deux mesures?

      A défaut donc d'avoir les moyens de débattre du problème et de juger en toute connaissance de cause, je vous en prie, abstenez-vous de prendre parti et ouvrez les yeux devant la manipulation dont vous êtes victimes, qui dépasse largement ce conflit et qui concerne toute information.
      Mais le plus affligeant, c'est que cet acharnement médiatique anti-israélien a inexorablement conduit, lentement mais sûrement, depuis 1 an et demi, à l'intolérable situation dans laquelle la France (et elle seule, étonnant?) est actuellement. Cette vague de haine qui déferle en France est certes aussi injustifiée qu'indigne de notre patrie. Mais l'indifférence générale face à ces actes, qui s'apparente presque à une approbation tacite est tout aussi intolérable à mes yeux, si ce n'est plus.
      Plus de 300 actes antisémites répertoriés en une quinzaine de jours, et demain? Sans parler des manifestations où slogans nazis et drapeaux brûlés souillent un peuple au nom d'un autre, impunément et dans l'indifférence. Oui, ce sont probablement les oeuvres de jeunes sans cervelle ni idéologie, en est-ce pour autant plus excusable et acceptable? NON!
      Alors, que les politiques s'écrasent et fassent leurs calculs (très vite fait d'ailleurs, y'a pas photo), soit, il faut dire qu'une élection, c'est tellement important
      Que la communauté juive française, y compris ses plus illustres représentants, tremble et se taise, soit, je les comprend,
      Que notre si chère "élite intellectuelle" se dégonfle, soit, on y est habitués.

Que la masse dormante et ronronnante suive la grande messe du JT comme vérité absolue, soit, ce n'est pas nouveau.
      Mais les autres alors? ET VOUS?
      Qu'avez-vous fait aujourd'hui contre l'obscurantisme et l'ignorance? Moi, j'ai signé 2 pétitions, vu/lu la presse israélienne (disponible en anglais), française et internationale, visité des forums, échangé des E-mails et fini cette lettre (tout ça en plus de ma thèse, plutôt balèse, hein?)et vous? A l'heure d'internet et du câble, aucune excuse, le "on ne savait pas" ne sera plus jamais accepté.
      Voici une pétition contre l'intolérance qui ne peut vous laisser indifférents! Citoyens, signer cettre pétition est tout aussi important, si ce n'est plus, à mon avis, que d'aller voter. Penser que ça passera, que ne pas réagir ne peut pas faire de mal, que rester chez soi calfeutrés devant sa télé c'est plus rassurant, c'est aussi ce que devaient penser nos (grands-) parents il y a 60 ans. L'histoire se répèterait-elle?

     "Scandaleux!" me diriez-vous? N'en soyez pas si sûrs 
      D'une synagogue à une église, d'un drapeau bleu et blanc à un autre, tout aussi beau, bleu, blanc et rouge, il n'y a qu'un petit pas. Celui de l'intolérance et de l'inacceptable au pays des libertés a lui, déjà été largement enjambé.
      Certes, je constate que des voix s'élèvent timidement ces derniers jours: des députés européens scandalisés devant l'acharnement frénétique de la France, poussée par nos "très chers amis" pays arabes et emmenée tambours battants par un Hubert Védrine digne, à mon avis, d'un Petain, à essayer (vainement jusqu'à ce jour, mais demain?) de liguer l'Union Européenne contre Israël; des responsables chrétiens qui prennent courageusement la défense d'Israël et qui osent dire tout haut ce que beaucoup savent et taisent; des journalistes qui réalisent le désastre qu'ils alimentent; des prix Nobel qui s'indignent; des personnes simples et anonymes, comme moi, qui lancent des cris d'alarme
Un espoir?

      Rien de tel que le regard acéré des français résidant à l'étranger, regard dur et sans complaisance, rempli de désillusions, oui, on tombe de haut en s'expatriant. Hypocrisie française, chauvinisme et ultra-protectionisme à la limite du ridicule, que les étrangers ont bien raison! Scander haut et fort les belles valeurs républicaines en général, s'indigner hypocritement des conditions soi-disant "inhumaines" des palestiniens en particulier, quand on meurt dans les rues de France en hiver dans l'indifférence, quand l'extrême-droite bat des records, quand notre passé colonialiste peu glorieux et sanguinaire devrait pourtant pousser à la retenue, quand on brûle des synagogues, quand Arrêtez! Ils sont déjà pliés en 2 de rire devant notre ridicule.
      Français résidant en Israël, de toutes confessions, nous sommes tous choqués, effarés et honteux de voir notre belle patrie sombrer dans une telle tragédie dont elle est la seule responsable. Dans notre désarroi, nous sommes réconfortés par l'attitude raisonnée de nos amis israéliens qui ne nous reprochent pas notre nationalité. Un exemple à suivre alors qu'en France, aujourd'hui, en avril 2002, des israéliens sont harcelés et même interdits dans certains hotels! Si vous avez vu "la vie est belle" de R. Benigni, cela vous rappellera quelque chose"scandaleux!" vous disiez ci-dessus?

      Aurais-je pu penser un jour, avoir ainsi honte de mon passeport?

Isabelle Petit, Institut Weizman, Israël
Tel Aviv, 18/04/02

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